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ITW Guillaume Piard, CEO Nalo

MARC – Bonjour à tous, aujourd’hui j’ai le plaisir d’accueillir sur la chaine le président fondateur de Nalo. Ensemble on va parler de Robot Advisor, de Fintech, d’allocation d’actifs de gestion de portefeuille, et d’assurance vie. Mais avant cela n’oubliez pas d’appuyer sur “s’abonner“ pour rejoindre la chaine YouTube et être averti dès qu’une vidéo est mise en ligne.

GUILLAUME – Bonjour Marc merci de m’inviter.

MARC – De rien. Est-ce que tu peux nous expliquer ce qu’est Nalo ?

GUILLAUME – Nalo est ce qu’on appelle un conseiller automatisé, on est une plateforme qui permet aux individus d’investir leur épargne et leur patrimoine de façon simplifiée, en d’autres termes on est là pour prendre le meilleur de la banque privée et le meilleur de la technologie afin d’offrir un service qui est très simple, très ergonomique et qui a l’avantage d’être beaucoup moins cher.

MARC – Est-ce que tu peux nous en dire un peu plus sur le fonctionnement de Nalo, ce que le client va avoir quand il s’inscrit sur la plateforme et comment ça se passe par la suite ?

GUILLAUME – Oui, alors j’ai envie de comparer par rapport à l’offre actuelle : quand on a une offre traditionnelle en banque par exemple, on va assez rapidement demander au client quel est son niveau de risque, on va chercher à le profiler pour le mettre dans une case de risque. Le problème c’est que le client ce n’est pas son métier, il n’en sait rien en réalité. Et il faut sortir de cette méthode de questionnement. On investit, on épargne pour des projets financiers : la retraite, acheter un bien immobilier ou préparer les études de ses enfants. Donc ce que fait Nalo ça va être un début de parcours pour le client, des questions très concrètes sur son patrimoine, sa situation personnelle ou justement ses projets, puisqu’on ne prépare pas de la même façon un projet immobilier à horizon de 3 ans qu’un complément retraite à horizon de 30 ans. On est vraiment dans un parcours de simulation très concret et très simple pour le client et à la fin, on va lui proposer une sorte de bilan patrimonial où il va pouvoir comprendre la proposition d’investissement qu’on lui fait.

MARC – Par rapport à ce modèle et à ce dont on avait parlé au début sur les robots advisors, à quel moment la partie robotisée ou automatisée intervient-elle ? 

GUILLAUME – Elle intervient tout au long de notre relation avec le client, elle commence évidemment avec l’entrée en matière, c’est-à-dire le conseil initial, et se poursuit pour la gestion d’investissement et le suivi de tous ses portefeuilles. Le conseil est fortement automatisé, l’investissement lui-même, les solutions qu’on propose et la gestion de ces investissements aussi, ensuite tout ce qui est acte de gestion courante de ce contrat, si le client veut faire un rachat ou des versements il peut le faire lui-même de son canapé en deux, trois clics : tout ça c’est automatisé. Et justement, c’est quand même là où il ne faut pas, j’ai envie de dire jeter bébé avec l’eau du bain, car l’humain reste très important, on pense que l’humain reste primordial dans une relation privilégiée avec le client mais nous on le place là où il est utile, c’est-à-dire être à l’écoute, comprendre les situations personnelles qui peuvent être compliquées parfois et faire des choses qui sont au-delà des compétences d’un robot, c’est-à-dire de la structuration de transmission complexe, de l’optimisation fiscale. On essaye vraiment de cantonner ou de dédier l’humain à sa vraie valeur ajoutée, autrement dit de faire de la relation client. Donc, on peut nous appeler on peut nous écrire on est toujours disponible, mais là où vous n’avez pas besoin de nous, l’algorithme fait le boulot. 

MARC – Par rapport justement au modèle et aux conditions de marché, cette veille du marché, des indicateurs macroéconomiques, qui la fait ? Comment ça se passe et comment les portefeuilles sont-ils adaptés à ces conditions ? 

GUILLAUME – C’est un bon point ; qui dit automatisé dit qu’il y a quand même un créateur derrière tout ça, donc évidemment de l’expertise financière. Il y a une veille qui est faite de façon trimestrielle de l’évolution du marché, nos portefeuilles type, et nos portefeuilles cible peuvent être ajustés, toutes les variables qui sont utilisées dans la gestion que ce soit de la corrélation entre classes d’actifs, les rendements espérés et ce genre de chose sont suivis et mis à jour en cas de besoin avec pléthore d’information qui existe aujourd’hui dans le marché. Ensuite j’ai envie de dire que le suivi quotidien des portefeuilles est beaucoup mieux fait par un processus automatisé, qui sera plus réactif pour aligner en permanence le projet avec des portefeuilles cible et des conditions de marché. A la genèse, dans le suivi macro il y a forcément de l’expertise humaine qui vient auditer, surveiller et s’assurer que tout roule, il y a par contre au quotidien la gestion de ces projets, qui vont être un jour des millions, et cette gestion sera faite par nous autres.

MARC – Est-ce que le client a besoin de connaitre des notions de gestion de portefeuilles, d’allocations d’actifs ou bien n’importe qui peut vous déléguer le tout ? 

GUILLAUME – Par conception notre produit est fait pour servir tout le monde. Donc une fois qu’on a investi, on a accès à un espace client qui est en permanence à jour ou mis à jour par rapport aux portefeuilles, donc des différentes géographies, des différentes pondérations.

MARC – Par rapport aux marchés sur lesquels vous investissez ou placez l’argent, est-ce que tu peux revenir justement sur le fait de ne pas aller sur le sectoriel, ne pas aller sur les thématiques ou les matières premières ? 

GUILLAUME – On n’est pas fermé sur telle ou telle classe d’actifs en particulier, justement l’idée d’une allocation d’actifs c’est d’avoir un maximum de classes d’actifs différentes pour optimiser ce couple risque/rendement. Plus les corrélations entre classes d’actifs sont faibles mieux on se porte, après il y a d’autres paramètres qui entrent en compte. Il y a le coût de mise en œuvre, par exemple sur le sectoriel souvent le gain marginal qu’on a à différencier des secteurs n’est pas suffisant pour justifier le coût supplémentaire, souvent les fonds concernés ont des frais intrinsèques qui sont plus élevés que des fonds géographiques larges, le sectoriel du S&P500 coûte plus cher en général que le S&P500 lui-même. Après il y a d’autres classes d’actifs où l’on considère qu’il n’y a pas de création de valeur ajoutée, en effet plutôt que d’investir directement dans des matières premières on préfère investir plus loin dans la chaine dans des entreprises qui elles créent de la valeur et donc du rendement pour ce portefeuille. Mais on a effectivement l’immobilier et puis toute classe d’actifs avec un couple rendement/coût intéressant qui pourra tout à fait être ajoutée à terme à notre portefeuille. 

MARC – Une question que je ne peux pas ne pas te poser, c’est par rapport aux crypto-monnaies, au bitcoin ça a fait les news du grand public, qu’en penses-tu, est-ce que c’est juste à la mode ? Ou est-ce que ça a un réel intérêt avec la blockchain notamment ?

GUILLAUME – Oui il y a effectivement beaucoup de débats là-dessus, il y a beaucoup d’encre qui a coulé ces dernières semaines sur le sujet, et aujourd’hui à titre personnel je mettrais justement la crypto-monnaie dans la catégorie spéculative au même titre que les matières premières. La crypto-monnaie  ce sont des beaux projets, le potentiel est intéressant et à mon sens il n’y a pas d’usage qui représente vraiment la définition de monnaie. Une monnaie c’est une façon de stocker de la valeur, le dollar et l’euro sont deux monnaies très fortes qui sont stables et on peut donc stocker une valeur de façon durable dans ces modèles là ; la crypto-monnaie, le Bitcoin c’est extrêmement volatil. Je dirais du coup qu’on fait une veille active mais on n’intègre pas ce type d’investissement dans nos portefeuilles aujourd’hui. 

MARC – En tout cas pas avant qu’il y ait un ETF lié aux crypto-monnaies.

GUILLAUME – Voilà.

MARC – Est-ce que tu peux nous dire ce que c’est que le CFA et à quoi ça sert ?

GUILLAUME – Le CFA est une certification américaine qui est très reconnue outre atlantique, dans les milieux anglo-saxons et en Europe aussi, c’est l’équivalent de la SFAF en France. C’est donc une formation sur trois ans divisée en trois modules, elle est assez vaste et elle touche un petit peu à tous les domaines de l’investissement et de la gestion de patrimoine. C’est une qualification qui expose de façon assez conséquente en termes d’heures passées à apprendre sur de l’investissement, des marchés, comment aborder un patrimoine, etc. 

MARC – Et c’est surtout utilisé par des personnes qui voudraient potentiellement travailler dans l’industrie ?

GUILLAUME – Voilà, c’est un gage de crédibilité, quand vous allez dans des fonds de gestion souvent assez rapidement on va vous demander de passer ce type de certification pour montrer que vous êtes un peu passionné par votre métier, mais surtout que vous avez une palette de compétences larges. Je pense que pour investir correctement il faut être en mesure de comprendre justement l’ensemble des mécanismes qui entrent en jeu pour faire de la bonne gestion financière. 

MARC – Une dernière question, j’ai vu que votre philosophie chez Nalo, se basait notamment sur des études académiques, concrètement Eugène Fama, est-ce que tu peux nous en dire un peu plus sur cette personne ? 

GUILLAUME – Pour Eugène Fama et d’autres, on a vraiment voulu encrer notre philosophie sur les concepts académiques qui découlent de la recherche financière depuis des décennies, tout ce qui est marchés efficients, tout ce qui est gestion passive, on pense que cette façon de faire porte mieux ses fruits que la gestion spéculative ou active. Fama est le père du concept des marchés efficients, c’est un thème qui est largement débattu, il y a ceux qui sont pour et ceux qui sont contre, les marchés efficients expliqués rapidement, c’est l’idée d’un marché où l’information circule rapidement et de façon homogène ce qui va éliminer l’opportunité de créer du rendement anormal. Battre les marchés devient de plus en plus difficile dans un marché efficient, et j’ai envie de dire que pour un particulier qui investit dans les produits type assurance-vie où les investissements se font à j+2 ou j+3 la capacité à créer du rendement anormal, la capacité à créer de l’alpha comme on dit dans le métier ou donc des rendements qui vont au-delà de l’indice c’est très difficile et ça ne sert pas à grand-chose. C’est un exercice qui est assez futile, il vaut donc mieux se baser justement sur toute cette recherche académique dont des modèles établis, on pense que c’est une meilleure façon de faire. Donc notre philosophie est vraiment tirée de toute cette recherche qui existe depuis des décennies, c’est vrai qu’on ne réinvente pas la finance complétement, ce qu’on est en train de faire chez Nalo c’est de prendre tout ce savoir et de le packager intelligemment de façon à ce qu’il soit mis à disposition d’un particulier qui n’y connait rien, tout ça depuis son canapé.

MARC – Très bien Guillaume Piard, merci beaucoup.

GUILLAUME – Merci. 

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