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Comment trader la volatilité ?

MARC – Bonjour à tous, alors je suis aujourd’hui avec Aymeric, on va parler ensemble de volatilité, on va commencer tout de suite, alors Aymeric est-ce que tu peux nous dire brièvement un peu ce que tu fais dans la vie ?

AYMERIC – Oui, j’ai 34 ans et je travaille depuis 12 ans en banque d’affaire, je travaille pour conseiller les entreprises sur leurs fusions acquisitions donc c’est plutôt orienté finance d’entreprise. J’ai une formation d’école de commerce en finance de marché et finance d’entreprises. Ça n’a pas grand-chose à voir avec les marchés financiers même si j’ai toujours aimé ça, les actions, les marchés ce n’est pas ce que je fais au jour le jour.

MARC – On va justement enchainer tout de suite sur les marchés, comment tu en es arrivé à trader la volatilité, et pourquoi tu t’intéresses à ça et pas à autre chose ?

AYMERIC – Je m’intéresse aussi à autre chose, d’ailleurs j’avais commencé sur les marchés financiers avec notamment les actions comme tout le monde, mais c’est vrai que j’avais toujours du mal à faire le distinguo entre d’un côté l’analyse technique et l’analyse fondamentale, et puisque mon métier c’est la finance d’entreprises, j’ai toujours eu envie de comprendre comment marche l’entreprise quels sont ses clients et fournisseurs, j’avais du mal à vraiment me mettre dans l’analyse technique, c’est pour ça que finalement je me suis détourné des actions. En 2015 je m’étais intéressé à d’autres classes d’actifs, notamment au pétrole par ce que je m’étais dit que le pétrole était assez bas à l’époque – on était à 40 ou 45 dollars le baril – j’avais lu un article et je m’étais dit que forcément ça allait remonter etc. et qu’on peut considérer que le pétrole ou plutôt le baril de pétrole évolue vraiment dans un tunnel, que ça va remonter un jour à 150-200 dollars puis ça rebaissera etc. et c’est en été 2015 où j’avais commencé à investir dessus puis ça continuait à descendre je me souviens qu’en janvier 2016 ça avait atteint 30 dollars ; je me suis dit finalement je pense que j’ai raison à long terme, c’est des horizons qui sont beaucoup trop longs, et il y a forcément d’autres classes d’actifs qui évoluent aussi dans des tunnels et qui pourraient être intéressants d’investiguer, c’est comme ça que je suis tombé sur la volatilité. Il faut savoir qu’aux Etas Unis le trading sur la volatilité en tant qu’actif est très développé, il y a énormément de blogs, de littérature contrairement en France. Je me suis donc formé en lisant des blogs, des articles sur le trading de la volatilité, et ce qui m’a tout de suite intéressé, enfin ce que j’ai tout de suite compris c’est que effectivement la volatilité évolue dans un range, on sait qu’à partir du moment où il y a un grosse période de volatilité et où il y a des valeurs très extrêmes, on va avoir des valeurs de moins en moins extrêmes qui vont se resserrer, c’est la principale caractéristique de la volatilité, elle revient toujours à sa moyenne.

MARC – On rentrera dans le détail plus tard, mais au niveau des résultats qu’on peut en tirer, on dit que les marchés actions globalement c’est entre 7 et voire un peu plus par an en pourcentage, comment ça se passe par rapport à la volatilité, quel est le niveau du risque, et peut-on vraiment avoir de bons résultats ? 

AYMERIC – Il faut savoir qu’il y a deux types de trading sur la volatilité : on peut trader sur la volatilité pour se couvrir du risque des marchés actions, parce qu’il y a une corrélation négative par rapport au risque action donc c’est d’abord un outil de ”hedge“, ensuite si on s’intéresse comme moi au trading de la volatilité en tant qu’actif pur, là on ne parle plus de “hedge“ ou de couverture, on est vraiment sur l’actif donc effectivement c’est un marché assez risqué par ce que les écarts peuvent être importants, on peut faire du +10, -10 en une journée, les espérances de gains sur la plupart des stratégies qu’on voit sur la volatilité c’est entre – en pourcentage annuel -50% et 80% et avec des drawdown qui peuvent descendre à -20% et -25%, mais l’espérance de gains par rapport aux drawdown est pour moi suffisement attractive pour en consacrer une partie de mon portefeuille (ce n’est pas 100% de mon portefeuille), ça permet de générer de la performance à court et moyen terme, par ailleurs je pense que c’est bien aussi de réallouer les gains sur des stratégies de plus long terme et moins risquées.

MARC – Là on va rentrer plus dans le vif du sujet et on va parler notamment du VIX, c’est un peu l’élément principal, alors si tu peux nous dire ce que c’est et pourquoi on va là-dessus ?

AYMERIC – Donc le VIX c’est l’indice qui mesure la volatilité basée sur le S&P500, il mesure les amplitudes de variation de cours du S&P500. Il faut savoir que c’est un indice qu’on ne peut pas trader directement, on le tradera plutôt sur des contrats futures qui sont basés sur cet indice, et des trackers qui sont basés sur les contrats futures. Il existe des indices pour tous les marchés donc il existe aussi un indice sur l’EURO STOXX 50 qui s’appelle le VSTOXX il existe même sur le CAC, le VCAC qui mesure la volatilité du CAC. Mais c’est vrai que le marché américain est le marché leadeur donc le S&P500 est l’indice leadeur, c’est le plus liquide. La méthode de calcul est assez compliquée je ne vais pas trop rentrer dans le détail, c’est un indice qui se base sur la volatilité des options des PUT et des CALL sur le S&P500, donc ça permet de mesurer un indice de variation et de mesurer la volatilité sur les 30 prochains jours, par conséquent c’est une valeur attendue et projetée de la volatilité sur les 30 prochains jours.

MARC – Du coup, en gros si le S&P500 bouge beaucoup le VIX va monter…

AYMERIC – Exactement, ça s’exprime en pourcentage ; la moyenne historique du VIX est à 19, aujourd’hui par exemple elle est à 12 donc elle est très basse, il évolue dans un range entre 10 et 30 et il mesure la variation du S&P500 sur une base annualisée, quand on dit un VIX de 16 ça indique que sur 1 an on attend à ce que le S&P500 bouge de 16% en moyenne. Si on veut le remettre en vision journalière, il faudrait faire une racine de 252 qu’est le nombre de jours ouvrables et donc un VIX de 16 correspond à une variation journalière de 1% du S&P500.

MARC – Des fois on a tendance à dire que le VIX est l’indice de la peur et que forcément s’il augmente le marché baisse, est-ce qu’il y a une corrélation par rapport à ça ?

AYMERIC – Si le S&P500 fait demain +5% l’indice va aussi augmenter, il mesure aussi la volatilité même si la corrélation est à -0.8 qui est une corrélation négative avec le S&P500, donc c’est vraiment l’inverse, c’est pour ça qu’on l’intitule l’indice de la peur. C’est un indice qui évolue en moyenne entre 10 et 30, en octobre 2008 il était à son pic le plus haut, il est monté à 80 pendant une journée. On peut avoir des variations très significatives, et effectivement c’est une corrélation négative, donc si le S&P500 baisse demain de 1.5% ou de 2% on peut s’attendre à ce que le VIX passe de 12 à 25 en quelques heures.

MARC – On a parlé du VIX et tu as parlé un peu des produits associés au VIX qu’on va concrètement agir ou trader dessus, est-ce que tu peux nous en dire un peu plus sur ces produits ?

AYMERIC – Donc le VIX on ne peut le trader directement mais il existe des contrats futures qui sont simplement des contrats à termes ou des paris qui ont une échéance mensuelle qui permettent d’estimer à quel niveau va être le VIX à une date d’échéance fixe. Par exemple, actuellement le VIX était à 12, le prochain future qui expire le 19 septembre doit être à 14, cela veut dire que les investisseurs aujourd’hui estiment que le 19 septembre le VIX sera à 14, en octobre il doit être à 15 ou 16 en novembre etc. donc il y a un certain nombre de contrats futures avec des valeurs attendues pour le VIX à une date fixe, ainsi on peut trader directement sur ces contrats futures, c’est comme prendre des paris à la hausse ou à la baisse comme on pourrait le faire sur le CAC40 avec des contrats futures sur le CAC. Ça c’est le premier type d’instrument, le sujet c’est que les contrats futures nécessitent d’avoir un capital assez important puisque la valeur du point est assez élevée.

MARC – Il n’y a pas de levier, enfin on ne peut pas emprunter

AYMERIC – Sur le VSTOXX qui est l’instrument qui mesure la volatilité sur l’EUROSTOXX 50 il existe des mini comptes, des mini futures, la valeur du point est d‘un euro alors que là elle est de 10 euros et quand le VIX passe de 12 à 13 c’est +1000 euros donc ça peut aller assez vite, par conséquent il faut avoir un capital assez important. Le deuxième type d’instrument c’est les trackers. Les trackers qui sont basés sur les contrats futures, il en existe deux types, certains sont à la hausse ils parient sur une hausse de la volatilité à court terme et d’autres sur une baisse. Les deux plus connus c’est le VXX qu’est un tracker américain émis par la banque Barclays qui, il faut le savoir est l’un des plus gros ETF enfin l’un des plus gros trackers toutes classes d’actifs confondues car la volatilité est un actif extrêmement trader. Et l’inverse, celui qui permet de trader sur une baisse de la volatilité est un trackers qui s’appelle le SVXY. C’est vrai que lorsqu’on débute c’est beaucoup plus simple d’aller directement sur des trackers, car la plupart des stratégies sont aussi basées là-dessus.

MARC – Toutes les plateformes de trading ou de brokers n’ont pas forcément ce type de produit c’est même assez rare, où est-ce qu’on peut les trouver et quel type de broker peut-on utiliser ?

AYMERIC – Moi j’utilise Interactive Broker, l’un des plus sécurisé, il permet de trouver l’ensemble des trackers de la volatilité. J’ai parlé des plus gros mais il en existe une dizaine en totalité. Il y en a certain qui sont sur la volatilité à court terme – ceux que j’ai mentionné en font partie – il y en a qui sont plus sur la volatilité à moyen terme et il y en a qui ont un effet de levier, mais voilà j’ai parlé de ceux qui n’ont pas d’effet de levier. Il faut savoir que la réglementation européenne a évolué et il devient de plus en plus difficile pour des particuliers résidents européens de trader sur des trackers quelques soient les classes d’actifs américains. Donc les alternatives sont, soit trader directement sur les futures – même si c’est un peu compliqué – soit d’aller sur les CFD ce qui est assez paradoxal parce que c’est pas forcément moins risqué. Moi je trade effectivement sur les CFD sur Interactive Broker et c’est également possible de le faire sur IG qui est le leader en termes de CFD.

MARC – OK, et ça en tant que Français on a le droit…

AYMERIC – Ici en tant que Français on a le droit, il n’y a pas de problème de réglementation jusqu’au jour où les CFD seront remis en cause, mais ce n’est pas encore arrivé.

MARC – Juste pour info je mettrai un lien en dessous sur ton guide, parce que t’as un guide qui est vachement bien fait sur les différents types de stratégies, on ne va pas rentrer en détails ici, mais par rapport justement au niveau qu’on devrait avoir pour comprendre tout ça car c’est quand même pas si simple que ça, est-ce qu’il faut un bagage technique-financier avant, ou plutôt avoir des années d’expérience, ou est-ce qu’on peut y aller directement comme débutant ?

AYMERIC – Effectivement je ne peux pas le conseiller à des débutants, je pense qu’il faut avoir déjà des notions en termes de marchés financiers et de bourse, que ce soit en termes de money management, de placement d’ordre, de comprendre et de savoir lire un graphique. Je pense que ce n’est pas forcément le premier actif vers lequel on se destine c’est plutôt – je l’ai expliqué tout à l’heure, un bon complément pour faire de la performance, puisqu’on peut atteindre du 50-80% par an en moyenne sur des très longues périodes. C’est pour réserver une petite portion de portefeuille, idéalement je pense qu’il faut avoir un capital assez important, ça ne sert à rien d’y aller avec 50 ou 100 euros, si on veut trader des futures il faut avoir au moins 20-25000 euros sur des trackers, et ça vaut le coup à mon avis d’avoir un portefeuille dédié de 5000 euros on peut commencer à avoir des choses intéressantes. Mais effectivement je pense que c’est réservé une fois qu’on maitrise un peu le marché action, qu’on maitrise un peu les marchés financiers. En revanche je n’ai pas besoin de bagage technique, j’ai pas du tout de background maths ou quoique que ce soit, donc je pense que c’est à la fois compliqué par ce qu’effectivement ça met en jeu un certain nombre de termes spécifiques à ce marché de la volatilité, mais d’un autre côté c’est assez simple car il n’y a qu’un seul actif à suivre, c’est comme si on devait trader sur l’or on va s’intéresser aux miniers etc. c’est un écosystème à lui tout seul donc à partir du moment où on s’y intéresse finalement c’est assez simple parce qu’on suit qu’un seul actif.

MARC – Il y a différentes stratégies sur la volatilité, combien de temps te faut-il pour les appliquer ou les implémenter ?

AYMERIC – J’ai deux types de stratégies sur la volatilité, une est basée sur un algorithme – ça fait toujours savant – mais c’est un algorithme assez simplifié : j’ai back-testé une stratégie depuis 2004 sur un certain nombre d’indicateurs de la volatilité, plus précisément 6 indicateurs, et à partir du moment où 4 sont au vert je décide d’investir sur la volatilité.

MARC – Et ça arrive tous les combiens ?

AYMERIC – Je suis ça en journalier, donc je regarde ça tous les soirs c’est une stratégie de swing-trading je reste investis généralement quelques jours j’y passe 5 à 10 min par jour le temps d’actualiser les indicateurs, voir s’il faut rentrer ou sortir de la position, puis j’ai une deuxième stratégie où je paris plutôt à moyen terme sur les contrats futures et là pareil c’est vraiment 10 min par semaine. Après vu que j’aime ça je vais suivre la volatilité au jour le jour, je lis pas mal de blogs ou de newsletters qui parlent de ces sujets-là mais une fois qu’on est investi, qu’on a confiance en sa stratégie, qu’on a commencé à l’appliquer en paper-trading avant de la mettre en place en réel, c’est cinq à dix min par jour car encore une fois c’est un seul actif à suivre, donc on va regarder le VIX le S&P500, la variation, ensuite on va regarder ce qu’on appelle la term-structure ou l’ensemble des 8  contrats futures qui existent sur les prochains mois pour voir quelle est la forme qui va donner des indications sur la vélocité de la volatilité, sur la prime de risque qui existe par rapport à l’indice, c’est comme un indicateur mais assez simple.

MARC – Finalement ce n’est pas tant de temps que ça mais voilà si on s’y intéresse, il faut regarder régulièrement

AYMERIC – Il y a un investissement en temps au départ qui est de s’y intéresser, mais ensuite à suivre, c’est assez simple et ça ne prend pas beaucoup de temps, c’est tout à fait compatible avec un autre type de stratégie boursière.

MARC – J’enchaine sur les différents types de stratégies boursières, tu disais que justement il ne faudrait mettre tout son capital sur la volatilité bien sûr, tu y mets à peu près combien sur tout ton investissement ?

AYMERIC – Moi, je n’ai pas le temps de faire de bourse enfin de trading, je fais vraiment que du swing-trading (voire même sur du long terme), je vais donc consacrer 20% de mon portefeuille à la volatilité pour essayer de générer des gains importants, et 80% sur de la gestion long terme là où je fais des arbitrages une fois par mois sur des portefeuilles d’assurances vie basées sur des trakers avec 4 classes d’actifs.

MARC – Ok, donc tu fais que trakers, tu ne fais pas de fonds de sociétés de gestions spécialisées ?

AYMERIC – Non, enfin si, parce que j’ai 4 classes d’actifs sur ma stratégie long terme, qui sont la classe des marchés actions, de l’immobilier, l’or et puis ce que j’appelle le cash qui investit sur les obligations long terme d’état. Effectivement pour l’immobilier ça passe par des fonds gérés car sur l’assurance vie que j’utilise il n’y a pas de traker immobilier, mais c’est des trackers qui répliquent vraiment les indices immobiliers.

MARC – Par exemple sur les actions c’est vraiment global, ou est-ce que tu fais une répartition géographique que tu cibles ?

AYMERIC – J’ai 4 trackers, j’ai un trackers monde, un tracker US, un tracker Europe et un tracker émergent, et en fonction du Momentum – c’est une moyenne pondérée : 12 mois, 9 mois, 6 mois – de ce tracker je vais investir sur telle ou telle classe d’actif.

MARC – D’accord on a un peu dévié de la volatilité mais c’est aussi intéressant. Très bien je vais mettre le lien de ton guide en dessous de la vidéo. J’espère que vous avez aimé cette vidéo que ça vous a apporté quelque chose, n’hésitez pas à liker bien sûr, à appuyer sur le petit bouton bleu, et je te dis à bientôt.

AYMERIC – Merci bien à très bientôt.

MARC – Au revoir.

AYMERIC – Au revoir.

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